Pour la première session, j’opte pour une pêche finesse sur un petit plateau.
Premier constat : l’eau semble se réchauffer et les orphies s’organisent en escadrons de 12 pour venir titiller les leurres. Ca fait du bien de sentir quelque chose au bout de la canne mais je ne suis pas venu pour trouver des saucisses !
Après avoir correctement peigné ce plateau, je décide de bouger pour pêcher une zone de 7m de fond environ. Le bubble shad est enfilé sur sa TP. Après quelques vaines dérives, il se fait violemment défoncer, coups de tête … mmmhhh, ça ce n’est pas une saucisse ! Il n’est pas content et il me donne du fil à retordre, mais la Damiki vient à bout du client que je choppe à la main : premier lunker de la saison .. 73.5cm pour être précis. Désolé pour le cadrage

Il est temps de rentrer, une dernière dérive et juste histoire de manquer un ferrage sur le même poste.
Pour la deuxième session, j’ai presque toute la journée devant moi. Un petit vent d’est moins soutenu et mollissant ainsi qu’un soleil bien présent sont de la partie.
Je me refais le même poste pour attaquer la session lorsque je m’aperçois en regardant mieux le GPS que ce n’est pas l’endroit que je pensais pêcher : ouhlà, il y a quelques repères à reprendre en ce début de saison. Je bouge sur la roche un peu plus loin donc … et cette fois je passe en mode avalanche qui va se faire dépuceler rapidement. En effet le mégashad aura eu raison d’un joli 68 pour débuter cette session. L’a l’air pas mal cette canne.

Un tour dans le vivier et puis retour à l’eau en fin de dérive.
Je pousse un peu plus loin et passé en mode gulp et les petits lieux ne tardent pas à venir se jeter dessus. Quelques corrects dans le tas jusqu’à 50 cm. J’ai passé un bon moment à jouer avec eux sans réussir à séduire un bar.
Je bouge un peu plus loin et repasse en mode avalanche, le courant s’essouffle et la pétole s’installe. Et pourtant, je me prends une décharge dans le poignet. Cette fois c’est un 60 avec une jolie balafre qui vient se loger entre mon pouce et mon index.

Retour à l’envoyeur 
Pendant la pause casse croûte, j’ai un gulp qui traine dans l’eau que j’anime au rythme du pique nique quand la trinis m’indique qu’il y a quelqu’un au bout du fil. J’en oublie de ferrer, le poisson monte en surface, il doit faire dans les 55 et un deuxième client, bien plus joli lui colle au train. Joli spectacle que je contemple en même temps que le fish se décroche … dommage. Je termine de me sustenter et je reprends la dérive au shad : bing, cette fois c’est un poisson de 52. Je confirme que c’est canne me va bien car même sur de petits poissons, t’as pas l’impression d’avoir un éperlan au bout.

A plus l’ami

Le reste de la session ne donnera rien à par une chasse de maquereaux qui étaient sur des proies tellement petite que je n’ai pas réussi à en séduire un (Bebel, ça te rappelle pas une session découpage de leurre ça ???)
Deux jours plus tard, j’ai un petit créneau de 2h en matinée. Arrivé sur place : vent de merde et clapot de merde. Je sens que le Fun Yak va avoir envie de m’arroser !!!
Première dérive en prospection, assez longue, avec encore des saucisses …
Je retourne sur la roche du 68 en mode avalanche et mégashad.
Deuxième dérive de la journée calée, après quelques lancés, première sacoche pour un poisson bien réveillé … l’est vraiment sympa cette canne quand même. Il affiche 67cm. Je le remets à l’eau en fin de dérive.

Je reprends la même dérive et au même endroit, un autre vient taper dans le mégashad. Je le décroche lamentablement en allumant l’appareil photo pour faire une vidéo (disons que c’est un peu de votre faute car les vidéos c’est souvent pour les faire partager aux autres alors j’espère que vous vous sentez un peu coupables !) Il devait faire à priori la même taille que le précédent.
Je recale la dérive mais pas bien cette fois et aucune tape à la clé. Je me dis que j’ai certainement pourri le spot avec le décroché.
Je reprends enfin la bonne dérive et encore au même endroit … vous avez deviné ???
Ben oui, un nouvel appel dont la conversation se résume à :
Allo …
boum .. boum, boum …
J’en conclue que vous n’êtes pas très content !
Boum, zzzzzzzzzzz (ndlr : c’est le bruit du frein)
La conversation a duré un bon moment car il ne voulait pas raccrocher mais mon nouveau forfait avalanche ne surtaxait pas ce genre d’appel.
Obligé de prendre le client à 2 mains. 81cm YEEEEESSSS, c’est bon ça

Même punition que le précédent

Je m’arrête là et suis de retour plus tôt que prévu (ce qui est très très rare il faut bien l’avouer !)
Une dernière session journée et soleil sur Houat en compagnie de Goulven et Morgan alias Moel se profile pour la fin de semaine … y’a bon.
On part sur Houat à bord de Maouezig (t’as déjà pêché sur un gros fishing boat américain ?!?) en se faisant néanmoins secouer par un clapot bien serré (le compas de route s’en souvient encore … paix à son âme).
Arrivé sur place, nous constatons que le vent et le courant ne vont pas nous faciliter la tâche mais Maître Goulven saura déjouer ce piège qui nous avait été tendu.
Pendant que Goulven et Morgan enfilent des vieilles (n’y voyez là aucune allusion mal placée, je parle bien de Gouarch qui vivent dans l’eau) j’arrive à décapoter avec un poisson d’environ 55. Il retourne direct à l’eau.
Je dois dire que si j’avais à miser sur quelqu’un pour l’open Gouarch, sans aucune hésitation je mise sur Morgan : Il nous a sorti de ces placards de mémères !!!

Je n’en ai heureusement pris qu’une seule en photo, sinon, je n’aurais rapidement plus eu de batterie ni de place sur la carte de l’appareil photo.
Et moi, fidèle à la tradition, pas une vieille au compteur.
On bouge sur un autre poste ou les petits polacks sont survoltés. Et merde, je reprends un bar, au vertéshad cette fois. Fais chier … impossible de taper une vieille, la honte !!!
Celui ci est plutôt dans le genre 45 max.
Sur une autre veine, c’est mon Xvertéshad qui se fait aspirer par un poisson qui doit avoisiner les 60
On continue sur un joli plateau suivi d’une très belle cassure et c’est pétole et cagnard’land à présent.
Goulven nous fait des dérives aux petits oignons.
Je me fais torpiller mes Gulps par les lieux, Morgan se fait des kilomètres de vieilles et quelques lieux et Goulven est le plus polyvalent en alternant vieilles, orphies maquereaux et aussi deux bars. Me rappelle plus trop des tailles mais maillés avec un qui devait faire 55 je crois.
A chaque fois que Morgan fait un poisson (c’est à dire à peu près à chaque lancé et c’est la même pour tout le monde, jamais vu une telle frénésie moi !) on ne se pose plus la question de savoir ce qu’il y a au bout jusqu’au moment ou ça ne semble pas pareil. Le garnement, il n’a pas fait beaucoup de bars mais il se réserve pour les jolis !!! Pas de mètre à bord mais d’après les repères sur la canne il doit faire ses 75cm.

C’est alors qu’il comprend la malédiction qui pèse sur lui aujourd’hui : il doit se faire 30 vieilles avant de faire un bar !
Beaucoup de doublés sur le bateau (mais jamais avec des bars !)

A un moment, on pêchait vraiment les mêmes postes, il ne faisait vraiment que des vieilles et moi que des lieux. On échange nos cannes et il me sort en 3 lancers 3 vieilles alors que j’enregistrais des tapes de lieux sans réussir à un ferrer un. Pour ceux qui doutaient que l’animation avait une importance…
Je lui demande comment il fait. Je gratte le fond me dit-il. Mais moi aussi je gratte le fond môssieur !!! Il gardait précieusement son secret le bougre.
J’arriverai néanmoins à en leurrer une ou deux et je laisse alors exploser ma joie !!!
Une pause repas bien méritée et bien savoureuse s’impose. Après cette explosion halieutique, découvertes gastronomiques et œnologique.
On décide de changer de poste car la journée avance vite. Après quelques postes à vide (sauf des vieilles pour Morgan) Goulven nous réveille grâce à la douce mélodie de son frein qui s’est fait chauffer les rondelles par un très très joli départ. Le client n’est pas énorme mais quelle énergie. Un joli poisson bien proportionné qu’il décida de réanimer en lui faisant un bouche à bouche qui lui fit retrouver ses esprits avant de retourner nager.

Sur la fin de la session, on ne peut pas s’empêcher de demander à Morgan de nous livrer son secret :
Je gratte le fond nous dit-il à nouveau. Regarde (lui dis-je) moi aussi je gratte le fond.
Ouais mais je fais une petite animation. TAC, TAC … et je gratte BOUM.
Ben, comprends pas, moi aussi je fais pareil. TAC TAC BOUM.
Ouais mais quand tu laisse redescendre ton leurre, laisse un petit ventre mou.
On se regarde avec Goulven … nous venions de découvrir un secret gardé depuis des générations et nos sourires complices nous invitèrent à mettre en action ses précieux conseils.
On commence en cœur (avec l’accent marseillais pour ceux qui ont suivis les précédents épisodes) : TAC TAC BOUM … VENTRE MOU. Je vous le donne en mille Emile … trois secondes plus tard une crise de rires commence après que l’on se soit pris 2 sacoches : et c’est parti pour le doublé de vieilles.
Bref une très belle journée : du soleil, du poisson, une bonne ambiance … bref, des journées pour lesquelles on resigne tout de suite !
Je terminerai par une citation de Maître Capello : « Morgan, t’as pêché une vieille ?, c’est un pléonasme.